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Découverte du filage/tissage à Domus Castri Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par turiawenn, le 18-10-2010
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Un petit aperçu de notre (super) stage avec Armelle de Virges Armes, à Château-Thierry. Vous avez ci-après un bon descriptif des différentes étapes du filage et du tissage à la grille. Ceci n’égale en rien un stage aux côtés d’une personne expérimentée, avec une manipulation des matières. Il s’agit davantage d’une première approche des différentes étapes (ô combien nombreuses) de ces deux artisanats pour les novices et d’un rappel pour les initiés.


LE FILAGE


La laine
Il existe plusieurs types de laines variant selon : l’animal, la partie de la toison utilisée, la couleur, la longueur des fibres… Ici, nous avons – grâce à un de nos membres – de la laine de moutons d’Ouessant (photo à venir).

Le lavage
La laine peut se travailler brute, à condition d’aimer le suint ! Sinon, mieux vaut procéder à un lavage dans l’eau froide. La laine peut aussi être dégraissée avec un bain d’eau chaude, suivi d’un huilage au beurre – au suif ou à l’huile, pour protéger la fibre et la travailler plus facilement. Ce second procédé trouve son intérêt lorsque la laine est ensuite teintée, car se « re-graissage » s’élimine rapidement pour permettre à la teinture de se fixer.

Le peignage
Durant la période viking, les fibres sont séparées et alignées à l’aide de peignes, possédant une ou deux rangées de dents. Plus connus, les cardes ou peignes à carder, outils en forme de brosse permettant de travailler les poils courts, n’apparaissent qu’au XIIIe siècle.

Après avoir aéré et démêlé grossièrement la laine, on la place par petits paquets, sans trop les tasser, sur les dents d’un peigne. Pour faciliter le peignage, l’outil peut être chauffé au préalable sur des braises. Le deuxième peigne vient démêler les fibres qui dépassent du 1er. Quand une certaine quantité de laine est bien peignée, on l’ôte en tirant dessus, et non en la faisant glisser le long des dents. Sur la table, on place ensuite les paquets de laine les uns en dessous des autres, comme des écailles. Enfin, on les agglomère et on les roule en boudin pour former un ruban de carde. C’est la réserve de fibres qui pourra être stockée sur une quenouille.


Le filage

 

Choisir un sens de torsion (en S ou en Z) puis former le début du fil. Ce choix est important dans le cas d’un fil pour tissage. En effet, faire la chaîne avec un fil S et la trame avec un fil Z (ou inversement) rend le tissu plus résistant et moins soumis aux déformations.
Lorsque que le fil atteint la longueur du fuseau, on le coince entre le fuseau et la fusaïole. On fait ensuite quelques tours autour du fuseau et l’on bloque le fil à son sommet (dans l’encoche s’il en est pourvu).
Commence alors le difficile travail de coordination entre la main tournant le fuseau et l’autre bloquant la torsion. Cette dernière dévide en même temps la quantité idéale de fibres pour créer un fil ni trop fin ni trop épais. Heureusement pour les débutants, on peut séparer le travail des deux mains pour se concentrer sur une étape puis sur l’autre. Mais il ne faut pas se voiler la face, d’après les sources archéologiques « le fil est d’une qualité remarquable et semble attester d’habiletés techniques tout à fait exceptionnelles qui ne s’acquièrent qu’avec le temps » (cf. Dominique Cardon, La draperie au Moyen-Âge, essor d’une grande industrie européenne).

 
Le retors
Pour obtenir un fil plus résistant, pour servir de fil de couture par exemple, il suffit de procéder à un deuxième filage avec 2 fils déjà filés.

 
LE TISSAGE A LA GRILLE


La grille

C’est une méthode plus simple que les cartes (qui fera probablement l’objet d’un autre stage !) pour réaliser des galons. Les réalisations sont moins sophistiquées, avec des motifs plus simples et ne pouvant pas changer en cours de fabrication. Le résultat est tout de même intéressant. En bois, en os ou en cuir, la grille permet de séparer les fils de chaîne. En levant puis en descendant la grille, la navette (ou tout simplement la réserve de fil de trame) passe dans l’écart laissé entre les deux séries de fils. Il existe des grilles de 9 à 47 fils.

La méthode

 

Après avoir choisi la répartition des fils de chaîne dans la grille, nouer ces fils et le fil de trame à la ceinture, par exemple. A l’autre extrémité, nouer les fils de chaîne à une corde de tente ou à son orteil. Décomposons le mouvement :
1)    Lever la grille.
2)    Passer la trame entre les deux séries de fils de chaîne en laissant une boucle. Tasser.
3)    Baisser la grille
4)    Serrer la trame (faire disparaître la boucle)
5)    Passer la trame dans l’autre sens entre les fils de chaîne, toujours en laissant une boucle.
6)    Recommencer le mouvement jusqu’à achèvement du galon.

 


Selon le tassement effectué avec la trame à chaque passage, on obtient un « effet toile » ou un « effet chaîne ». Dans le premier cas, la trame et la chaîne sont visibles, dans le deuxième seule la chaîne l’est (elle est suffisamment serrée pour dissimuler la trame).

 

 


Quand le fil de trame est trop court pour finir le galon, il suffit de le doubler avec le nouveau sur quelques rangées, puis continuer le tissage uniquement avec le nouveau fil.

 


Les variations
Pour agrémenter le galon, un fil indépendant peut s’ajouter irrégulièrement à la trame. Il peut passer par-dessus certains fils de chaîne, ou encore s’enrouler autour. Avec suffisamment d’astuce, il est même possible d’écrire des runes…

 


Avec la méthode de tissage décrite ci-dessus, on obtient un ruban plat, mais il est possible de fabriquer un cordon. Pour ce faire, au lieu d’effectuer un aller-retour avec la trame, cette dernière doit toujours passer entre les deux séries de chaîne par le même côté.

 

 
 

BIBLIOGRAPHIE UTILISEE LORS DU STAGE

La draperie au Moyen-Âge, essor d’une grande industrie européenne, Dominique Caron, CNRS éditions, 1999.
The archaeology of York The small finds : Textile production at 16-22 Coppergate, Penelope Walton Rogers, Council for British Archaeology edition, 1997.
Cloth and clothing in early anglo-saxon England AD 450-700, Penelope Walton Rogers, Council for British Archaeology, 2007.
Images du lin textile – 8000ans + 2000ans, Jean-Marc Montaigne, Asi Communication, 1997.


http://www.virgesarmes.com/

 


Zoom sur… Medival North European Spindles and worls, © 1995, 1999, 2000 Carolyn Priest-Dorman, http://www.cs.vassar.edu/~capriest/spindles.html

Ce article traite des fusaïoles et des fuseaux trouvés dans les zones où les Scandinaves pendant le Moyen Âge (800-1500). Des centaines de fusaïoles survivent du Moyen Âge scandinave. Durant la période viking, ces objets étaient fréquemment enterrés avec les femmes et beaucoup ont été perdus sur différents sites, pour être déterré seulement des siècles plus tard.
Chacun des six principaux travaux de publication étudie un certain nombre de fusaïoles de la Scandinavie médiévale et des territoires d'influence scandinave. Eva Andersson analyse plus de 230 fusaïoles de Scania (Suède) du Ve au XIe siècle. Jan Petersen référence 450 fusaïoles et 5 fuseaux en Norvège viking. Ingvild Øye analyse soigneusement 410 fusaïoles et 31 fuseaux de Bergen (Norvège), du XIIe au XVe siècle. Lena Thunmark-Nylén rassemble les photographies de 27 fusaïoles de la période viking du Gotland. Penelope Walton Rogers analyse soigneusement 149 fusaïoles et 5 fuseaux d'York, d'Angleterre, entre le IXe et le XVe siècle. Le CD-ROM « Le Monde des Vikings » rassemble les images d'au moins 90 fusaïoles et 5 fuseaux qui ne sont représentés dans aucun des autres travaux cités ci-dessus. Le corpus résultant compte environ 1356 fusaïoles et 46 fuseaux. Ces six sources comprennent la plus grande partie de ce document, qui est complété par des critiques sur les plus petites découvertes.

Matières

Les fusaïoles retrouvées sont faites dans différentes matières : ambre, bois animal (d'élan), os (de bétail, de porc), argile, corail, verre, métal (fer, plomb, alliage) et bois (de chêne). Beaucoup de pierres locales ont aussi été utilisées, comme la craie, le calcaire, la mudstone (roche sédimentaire d’origine argileuse), le grès, le schiste, le siltstone (roche sédimentaire proche du grès), l'ardoise et la stéatite. En Norvège et l'Islande, où la stéatite peut être exploitée et dans les secteurs comme l'Ecosse, le Groenland et Terre-Neuve qui était sous l'influence de la Norvège et de l'Islande, les fusaïoles en stéatite dominent et sont souvent fabriquées dans des fragments réutilisés de vaisselle.
Des fuseaux retrouvés ont été faits dans différents types de bois durs et tendres. Des bois durs tels que le frêne, le tremble, le bouleau, l'érable, le chêne et le saule. Des bois tendres tels que le genévrier, le pin et l'if. Walton Rogers mentionne aussi deux pièces osseuses qui pourraient être des fuseaux.

Taille

En général, plus la matière est lourde, plus la fusaïole est petite. La gamme de poids la plus commune dans les fusaïoles médiévales de l'Europe du Nord est environ entre 10 et 30 grammes, bien que certaines pèsent trois fois plus. On connaît des tailles diverses. Une fusaïole en stéatite venant du Groenland post-viking, fait 2 centimètres de diamètre & est une des plus petites. Une fusaïole de chêne d'âge pré-viking du nord de l'Allemagne, fait 10,5 centimètres de diamètre & est une des plus grandes. Des fusaïoles de stéatite sont fréquemment mesurées entre 3 et 5 centimètres de diamètre.
Les fuseaux s'étendent habituellement entre 20 et 30 centimètres de long, bien que certains soient plus courts. Les trous forés dans les fusaïoles d'York indiquent que le diamètre d'un fuseau s'étendait typiquement de 7 à 12 millimètres, avec une majorité entre 9 à 11 millimètres.

Forme

Pendant la période et la situation de l'étude présente, la forme la plus commune pour une fusaïole, particulièrement en stéatite, était plano-convexe.
D'autres formes de fusaïole comme discoïde, sous-conique (?), globulaire et biconique ont été aussi utilisées. Walton Rogers a aussi établi qu'il y avait un changement graduel de la forme plano-convexe de la période anglaise, à la forme symétrique (discoïde, cylindrique, le beignet, ou biconique) de la période viking, à la forme globulaire de la période médiévale postérieure. Le matériel de Bergen révèle cependant beaucoup moins de preuve pour cette progression des formes ; les fusaïoles plano-convexes dominent partout dans le médiéval, tandis que des fusaïoles globulaires semblent impopulaires.
Quelques fuseaux sont taillés avec des fentes ou des encoches à une extrémité, tandis que d'autres restent lisses. Des fileurs scandinaves médiévaux utilisent parfois les deux extrémités, selon le type de fil qu'ils veulent faire. Beaucoup de fuseaux ont une double encoche, une en haut et une en bas, indiquant qu'ils pouvaient servir dans les deux sens. D'autres fuseaux étaient tournés selon un profil gonflé au milieu et s'effilant sans encoche vers les extrémités, comme ceux de Bergen. En mai dernier des fuseaux ont bien été utilisés sans fusaïole ; une telle utilisation est dépeinte dans les enluminures et les peintures du Moyen-Âge et de la Renaissance.
 
Décoration
Beaucoup de fusaïoles ont été sans décor, mais certains ont reçues un décor taillé. Des décorations typiques d'âge viking ont inclus des bandes concentriques autour de la fusaïole et des lignes verticales parallèles au fuseau. Une fusaïole osseuse suédoise a des cannelures en forme de croix sur son côté plat. Une fusaïole norvégienne de Koland ajoute les croix à un cercle concentrique autour du trou. Une fusaïole en stéatite des Îles Shetland a même des runes taillées. Les fusaïoles après l'âge viking peuvent porter : des points entourés de cercles, des arcades, des zigzags, des hachures, ou des bandes hachurées. Une fusaïole en pierre globulaire d'York alterne les bandes horizontales de peinture rouge et les zigzag.
Quelques fuseaux ont été décorés d'une ou plusieurs cannelures autour de leur partie centrale. Vingt-quatre bâtons de Bergen, tous de taille correspondant à des fuseaux, ont des extrémités en forme de bouton particulièrement complexes et peuvent avoir été des fuseaux.


Dernière mise à jour: 01-11-2010

Publié dans : Nos Articles, Reconstitution

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