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Les vikings et la Bretagne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Turiawenn, le 06-08-2009
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La Bretagne du IXe et Xe siècle

La bretonnisation et la christianisation de l’Armorique sont déjà effectuées. Les Bretons (celtes vivants dans l’actuelle Grande-Bretagne) se sont établis en Armorique massivement (mais par petits groupes) et progressivement entre le IVe et le VIIe siècle. Quant au christianisme, il est déjà attesté au IIIe siècle ; et l’évangélisation est en marche avec la création de paroisses ou de monastères par des moines bretons tels que Brieuc, Tugdual, Malo, Samson, Méen, Pol…

 

Du temps des Carolingiens

Charlemagne (768-814) puis Louis Le Pieux (814-840) cherchent à soumettre la Bretagne en la cernant d’une marche (comtés de Nantes, Vannes et Rennes) et en l’attaquant. Lassé des insurrections incessantes, en 831, Louis le Pieux nomme Nominoë comme missus (envoyé de l’empereur) chargé de maintenir une paix relative entre bretons et francs. Cependant, Nominoë ne garde pas la même obéissance avec le fils de Louis le Pieux, Charles le Chauve, héritier de la Francie occidentale. Il se dégage même de la tutelle carolingienne après la bataille de Redon, en 845.

Erispoë succède à son père Nominoë en 851 et poursuit le combat engagé contre Charles le Chauve. De nombreuses victoires sont obtenues, ainsi le traité d’Angers agrandit le territoire breton et confère le titre de roi à Erispoë. Mais rapidement, il est assassiné par son cousin Salomon qui prend le pouvoir en 857. Au gré des alliances, il relance les conquêtes sur le royaume franc, soit avec les vikings (visite du Maine en 866 et prise du Mans), soit avec Charles le Chauve (en 867, cession territoriale du Cotentin et de l'Avranchin en échange de sa défense contre les vikings). Mais, Salomon est lui-même victime d’un complot organisé par son gendre Pascweten et le gendre d’Erispoë, Gurvant, en 874.

 

Invasions

Les guerres intestines font rage… Ce qui incite les vikings à augmenter le nombre des raids sur les villes et les riches abbayes, débutés dès la fin du règne de Charlemagne qui déstabilisa le royaume franc. Les religieux abandonnent les monastères, les paysans sont ruinés & terrorisés, le royaume breton est déstabilisé. Une résistance est tout de même organisée par Alain, comte de Vannes, qui triomphe en 888 à la bataille de Questembert. Devenu le duc Alain le Grand, il maintient la paix et l’unité jusqu’à sa mort en 907.

La Bretagne est de nouveau sans chef et les francs en sont à concéder des territoires aux Vikings (911, traité de Saint-Clair-sur-Epte), les bretons subissent alors pendant 20 ans les raids des normands qui se sont basés près de Dol, à Saint-Brieuc, sur la basse Loire et autour de la rade de Brest. Jusqu’à ce que le petit fils d’Alain le Grand, Alain Barbetorte, repousse les derniers normands de 936 à 939.

 

Les vikings en Bretagne

Le sac de Nantes en 843 a eu un grand retentissement en occident et la cruauté dont fit preuve les vikings ont marqués les mémoires. Les pillards ont profité de l’aube, des festivités de la saint Jean & l’affaiblissement de la cité après la « visite » de Nominoë. La réussite est totale, pourtant ils ne reviennent pas à Nantes avant 853, quand un camp permanent est établi sur l’île de Bièce, en face de la ville. Cette installation à l’embouchure de la Loire est stratégique pour mener davantage d’incursions dans les terres et pour organiser un marché écoulant la marchandise volée.

Le reste de la péninsule n’est pas oublié, en 841, Nominoë doit abandonner le siège du Mans pour défendre ses terres ravagées par les scandinaves et, vers 847, les vikings l’emportent à trois reprises, ce qui force Nominoë à payer tribut. Erispoë les contient aussi difficilement. Le jeu des alliances écarte provisoirement le danger mais finit pas se retourner contre les bretons (pillage du monastère de saint Sauveur de Redon en 854). Face à une réputation si féroce, les rançons et les tributs bretons commencent à tomber. En plus, les luttes intestines pour le pouvoir favorisent les invasions vikings, excepté lors du règne de Salomon (qui est reconnu roi des Bretons) puis d’Alain.

La mort d’Alain le Grand en 907 et la vacance du pouvoir relance de plus belle les pillages. Les sites côtiers sont visés en priorité, comme le montre le pillage de l’abbaye de saint Guénolé de Landévennec en 913, l’occupation à Saint Malo, leur présence au camp de Péran près de Saint Brieuc ou encore celle de l’île de Groix (où la seule tombe navale scandinave a été retrouvée en France à ce jour). Les élites bretonnes sont poussées à l’exil en Francie ou en Angleterre. Ce n’est qu’en 936 qu’Alain Barbetorte débarque à Dol et reprend petit à petit ses terres aux mains des vikings de la Loire, qui n’ont pas reçu le soutien probablement attendu des normands.

 

 

Turiawenn

 

Sources principales :

Bretagne, une histoire, Louis Elégoët, CRDP de Bretagne, 1999.

Les Vikings en France, Dossiers d'archéologie, octobre 2002.


Dernière mise à jour: 06-08-2009

Publié dans : Nos Articles, Histoire

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